Un nom : mille talents
Comédienne, chanteuse, Myreille Bédard fait ses débuts à titre d’instigatrice et de membre du renommé groupe vocal a cappella La Bande Magnétik. Au sein de ce quintet réputé, unique en son genre, elle chante devant des auditoires aussi variés que ceux du Festival International de Jazz de Montréal et des Maisons de la culture. Au petit écran, on peut la voir dans le cadre d’émissions choisies tel que Beau et Chaud, à Télé-Québec.
Après avoir quitté La Bande Magnétik, Myreille poursuit une carrière solo d’auteure-interprète en collaboration avec le compositeur Richard Lupien. Avec raison. Semi-finaliste interprète au Festival de la chanson de Granby, elle travaille ensuite avec Pier Noli à plusieurs projets de théâtre musical dont La folle histoire de la chanson, une création présentée dans plusieurs villes du Québec.
Celle qui aime l’image autant que la voix ne s’en tient pas à la scène. Poursuivant son parcours inusité, elle réalise d’autres projets reflétant ses nombreux talents : série radiophonique Les voix multiples, mise en scène du radio-concert Mascarade, tous deux produits par la chaîne culturelle de la Société Radio-Canada (SRC). À cela s’ajoutent la scénarisation et la réalisation du court-métrage de fiction Des enfants de trop…, diffusé sur les ondes d’ART TV et de la SRC.
Sensible à l’art et sous toutes ses formes, l’auteure-compositeur-interprète-réalisatrice... ne s’est jamais satisfaite d’une seule étiquette. Avec son premier disque solo, Éclats de vie, Myreille Bédard ajoute un fragment jazzé à un puzzle déjà peu banal.
Swing, spleen, fraîcheur
Myreille Bédard n’a pas perdu le swing discret qu’on lui avait connu au sein de La Bande Magnétik. La preuve, son premier album solo Éclats de vie est un patchwork musical empruntant tous les moods possibles.
Amoureuse (Véronique Samson ) devient ainsi un étrange blues clair, tandis que Les Yeux Doux (Liane Foly) prennent des reflets de salsa. Voir un ami pleurer (Jacques Brel ) est interprété avec un ton aussi juste qu’une amitié loyale. Chanté en duo avec Philippe Noireaut, Non, je n’ai rien oublié (Charles Aznavour) évoque ces extraits de cinéma où on croit voir défiler une image/souvenir aux 24 secondes.
Éclats de vie est aussi ponctué d’escales américaines avec des chansons choisies comme autant de pierres blanches on the road : Somewhere (Leonard Bernstein), Send In The Clowns (S. Sondheim), You’ve Got A Friend, méga-hit de Carole King, souligné ici d’une finale gospel.
Outre ces classiques, Myreille Bédard propose également des airs de Diane Tell, de Pier Noli et le titre Pas personne, une mélopée belle comme un jour de whisky écrite par l’écrivaine Suzanne Jacob. Enfin, sur ses propres textes, Étrange exil et S’il existe déploient leur nostalgie.
Complicité, pur plaisir
Éclats de vie est un disque de pur plaisir. On y retrouve les vents de Jean-Pierre Zanella, les arrangements aux cuivres de Jimmy Tanaka, la complicité du pianiste-arrangeur Philippe Noireaut, musicien à l’imagination fertile, au cœur « grand comme un aéroport » (dixit Jean-Louis Murat).
Mine de rien et sans jamais forcer la note, Myreille Bédard laisse ainsi s’enfuir la musique, la sienne et celle des autres. Serait-ce parce qu’Il fait dimanche (M. Estève), qu'elle chante si joliment? Quoi qu’il en soit, avec ses treize pièces revisitées et inédites, son swing, son spleen et sa musique fraîche comme l’eau, Éclats de vie est simplement un pur moment de grâce… éclatée.